Se connaître

Commencer une « opération bonheur » qui relève davantage du témoignage, du jeu, voire de « l’autoformation » est demande sans doute moins d’érudition qu’une somme sur le bonheur sous une labellisation professionnelle type « philosophie » ou « psychologie ». La vulgarisation est souvent bien faite par ces spécialistes, alors que les amateurs, ceux qui expérimentent l’efficacité des dites recettes, restent des amateurs auxquels on ne pense pas à demander quels sont, à eux, leurs « petits trucs », alors même qu’on sait que l’expérience même d’une absence de bonheur peut amener à développer des petites stratégies propres à déboucher tantôt sur des astuces efficientes, tantôt à reconvoquer une sagesse ancienne. La preuve en est que souvent les exemples tirés des ouvrages de « professionnels » sont eux-mêmes extrait d’une série de données collectées auprès de professionnels de la vie « amateurs » en recherche de bonheur. En somme cela revient à poursuivre une grande tradition de recettes de grands mères « pour mieux vivre », adaptées à l’air du temps, soit par exemple, mais ce n’est pas exhaustif, la technologie et la culture, puisque l’accès à ces deux choses sont de nos jours non seulement accessibles à tous ou presque et considérées comme incontournable. C’est dire que pour « imaginer le bonheur » « amateur », il faut aussi regarder autour de soi et s’interroger sinon sur son changement de nature, du moins sur les moyens d’y accéder qui gouvernent notre temps. C’est là que la pression sociale surgit. Le sentiment d’être heureux, on le sait à présent répond à nombres de stimuli que les scientifiques ont pu inventorié et isoler de façon sérieuse. Ainsi le contexte économique, familial, géographique, etc… tient sa place. Même si certains « signes évidents de bonheur » sont accessibles grâce à des techniques issues des TCC notamment, de la philosophie orientale, de pratiques spirituelles de tous horizons, cela n’invalide pas la démarche de connaissance de soi purement personnelle. Ainsi, vous ne réagirez pas à un bol de bouillon de poulet si vous êtes végétarien, ni à une séance de spa si vous souffrez d’une maladie de peau. La bonne nouvelle c’est que tous les spécialistes du bonheur proposent des axes différents. Il convient donc de s’émanciper de tout ce qui ressemble à un dogme et de s’autoriser à être à la fois humble et unique, singulier et relativement sociable. L’art des listes, plébiscité par nombre d’auteurs, est un procédé antistress qui peut aider à commencer une instrospection ludique. On reste au présent, on ne replonge pas dans des souvenirs douloureux, on ne cherche pas à expliquer le passé, on se respecte de façon inconditionnelle, ici et maintenant. Même si n’en déplaise à Mr Séguela, on n’a pas de Rolex à 50 ans. Il est important de se rappeler que ce n’est pas parce qu’on vit « dans le siècle » et qu’on subit la diarrhée médiatique imposée pour avoir un minium de sujets de conversation avec à peu près tout le monde, nous ne sommes pas obligés d’adhérer aux idéaux des grands cabotins de l’espace médiatique, on a le droit d’avoir d’autres valeurs et d’autres critères de réussite. Personnellement, je suis ce genre de personne qui peut sembler manquer d’ambition, au regard des attentes communes de mes contemporains: je n’ai aucune envie d’être manager ni d’accéder à des fonctions de directions. J’ai horreur de donner des ordres aux autres, j’estime qu’ils savent aussi bien que moi ce qu’ils ont à faire. De même, j’ai tendance à regarder d’un oeil suspicieux toute personne qui tente de me réduire à l’état d’exécutante, à me demander en gros « c’est quoi son problème? »Mais ce n’est que mon univers. Dans ma liste, celle qui est dressée pour m’aider à cerner mes caractéristiques propres afin de me trouver un état de bonheur personnel, j’ai du noter: indépendante. Par exemple, j’adore travailler en groupe, mais je trouve que les personnes qui ont tendance à vouloir prendre de force la direction d’un collectif de travail font souvent perdre du temps. Ce qui n’est pas rationnel ni productif, donc n’est pas logique pour moi. Honnêtement, sans ces multiples cures de livres de développement personnel et de psychologie positive, je n’aurais même jamais osé me qualifier de logique ou de rationnelle. Pourtant, c’est une de mes caractéristiques: les paradoxes me sautent aux yeux (surtout ceux des autres, bien sûr!) et parfois, je peux mettre mes collègues mal à l’aise, car personne n’aime se voir confronté(e) à ses paradoxes, souvent confondus avec un sentiment d’être jugé pointé sur ses « incohérences ». Je suis plutôt solitaire et introvertie de nature, seul le théâtre m’a permis d’apprendre à tenir un rôle social qui me permet de faire illusion, d’autant que je suis dans un domaine professionnel qui demande d’être souvent confronté à du public. Mais cela amène le fait que dans ma vie privée, mon plus grand plaisir est d’être en compagnie restreinte, et j’ai besoin de passer beaucoup de temps seule ou avec mon mari. Cela est une chose que je connais de moi qui  me met dans le rang des mauvais élèves sur un point qui revient souvent dans la quête du bonheur: la sociabilité, les relations amicales et familiales. Côté familial, je n’ai hélas pas l’occasion d’améliorer les choses. Mais il est certain que mon attitude blesse souvent des personnes qui s’attendent à ce que je leur consacre plus de temps. De même que mon comportement abandonnique, qui m’amène à rompre une relation avant qu’elle ne soit rompue. Et à en souffrir ensuite.

Pour se connaître, parfois une liste ne suffit pas, car l’on a passé, en tant qu’adulte, souvent de nombreuses années à s’adapter au désir des autres. Donc il faut un certain temps pour discerner ce qui nous rend réellement heureux de ce que l’on souhaiterait voir nous rendre heureux parce que ce serait plus facile pour tout le monde!

Une liste si consciencieusement réalisée en toute conscience ne suffit pas toujours, il peut être nécessaire de faire un thérapie,ou, tout simplement d’accepter que cela puisse être plus long que ce que l’on avait imaginé. La patience, par exemple, est une chose importante pour développer des conditions favorables au bonheur et au bien être. En ce qui me concerne, c’est un domaine dans lequel j’ai encore une grande marge de manoeuvre.

Se connaître permet de se concocter un plan personnalisé pour établir son « défi bonheur » cousu main.

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