Pour être heureux il faut renoncer au bonheur….

Vous aurez peut-être remarqué, s’il vous arrive de vous arrêter en librairie au rayon où se trouvent les livres écrits par des obsédés du bonheur, qu’il y a de nombreuses possibilités d’aborder le sujet comme je ‘lai dit dans un post précédent; Notamment, deux « écoles » qui ont l’air d’aller ensemble, s’affrontent en réalité dès lors que l’on se met en tête d’expérimenter les recettes, « pour voir si ça marche »… J’avais déjà remarqué que chez moi, le fait de me focaliser sur le souffle avait tendance à me donner l’impression d’étouffer, mon souffle devenait plus rapide, je me sentais mal, et enfin, souvent je finissais par faire une crise d’asthme. On m’a aussi conseillé de détailler toutes les parties de mon corps à un moment où souffrant d’une maladie auto-immune qui me rend hyperalgique, précisément, j’essayais de me dé-sincarcérer de ce corps que je ne pouvais plus maitriser. Aujourd’hui, maitriser ma respiration peut enfin me permettre d’éviter une crise de panique et j’ai fait mon deuil de la disparition de cette douleur chronique, aussi je peux me livrer au très sérieux training autogène de Schultz. Mais à l’époque c’était impensable. Me poser et m’asseoir pour rester immobile me faisait tourner la tête, j’avais besoin d’être sans cesse en mouvement pour ne pas penser à des choses triste.Tout est affaire de moment.

Mais aussi de méthode et d’adhésion, de confiance.

Czyzenmyali et ses collègues préconisent l’activité et la motivation intrinsèque et extrinsèque: réaliser quelque chose avec ses mains, par exemple. Pourtant, si tous les chercheurs du domaine s’accordent à dire qu’avoir un projet qui nous amène à ne plus voir le temps passer (phénomène du « flow ») participe de la cessation d’une forme de souffrance liée à la rumination des problèmes.

Pour autant, le mindfulness, alliant action et contemplation n’est pas exactement compatible avec la quête du flow que certains poussent jusqu’à l’extrême, ne supportant plus aucune phase d’inactivité. Il semble que les ennemis du bonheur apparaissent souvent dans des périodes de contemplation. Il me semble que c’est une croyance, quelque chose venu d’un autre âge, le temps où il fallait être productif à tout prix et montrer son agitation comme un témoignage de dynamisme: on voit encore cela dans certains métiers, par exemple un vendeur, doit se montrer sans cesse en action. Même si c’est pour son patron et non pour les clients. Effectuer une tâche même simple et répétitive en s’y consacrant pleinement peut être très bénéfique pour chasser le stress, avoir un sentiment de soi positif. Mais attention à ne pas faire quelque chose qui manque de sens pour vous (ranger déranger ranger déranger) sous peine de finir par développer un TOC plus qu’une discipline. L’exercice et le sport, plébiscités par notre société ont certes des vertus, mais comment dois-je faire, moi qui paie de douleurs insoutenables qui me désocialisent parfois, le moindre exercice même agréable, comme la danse? Je ne peux qu’adapter cette suggestion à mes possibilités: la marche, quand je peux marcher, me fait le plus grand bien. Je dois donc accepter que ma situation personnelle ne me permettra pas de faire au mieux pour améliorer mon sentiment de bonheur; Autrefois cela me décourageait et je laissais tomber bébé avec l’eau du bain; Ce n’est plus le cas et c’est tant mieux; Comme le répète à juste titre l’auteur du cerveau de Bouddha: la persévérance est la clé de tout. Pas la qualité, l’effort, non, la persévérence et la régularité….Ainsi que le respect de soi…. Cela fait longtemps que j’espère me mettre au Taï chi. Comme c’est un sport que l’on peut faire même lorsqu’on est très agé, je me dis que malgré mes problèmes de santé je dois pouvoir en faire, aussi j’attends avec impatience la rentrée pour m’inscrire. Mais si le Taî-chi augmente mes douleurs? Et bien je chercherai autrechose, ou bien je marcherai deux fois plus. Je commence à être au point avec la visualisation; J’ai commencé il y a cinq ans, sans véritablement y croire; Je méditais devant un tangka représentant la tara verte, et psalmodiant le mantra approprié. Mon objectif était de cesser de m’arracher la peau de mon psoriasis géant survenu au suicide de mon père. Je n’avais que cet objectif; Et il a été dépassé; Au bout de deux mois à 20 minutes minimum de méditation tous les soirs, j’ai pu enfin m’endormir et ne plus me révéiller en sang, donc diminuer les infections et dans l’enthousiasme, je commençais à me visualiser en tara, sans psoriasis.Peu à peu toutes les lésions diminuèrent, surtout les plus grosses; Les seules dont je ne parvins jamais à arriver à bout furent la main gauche et les coudes. Parfois d’autre lésions reviennent et je reprends la méditation de la tara. Le bénéfice surtout de cette aventure, c’est que j’ai pu expérimenter moi même cette guérison par méditation, après avoir souffert 5 ans en voyant cette horrible maladie de peau m’envahir toujours plus (je me disais que si elle recouvrait tout mon corps jusqu’au visage, je ne le supporterais pas et mettrais fin à mes jours). C’est une maladie auto-immune qui ne prend pas toujours cette ampleur; Elle dévore aussi les cartilages, se posant sur les articulations, ce qui donne des douleurs terribles et des tas de désagrément en relation. Elle est toujours là, mais pour l’instant je la tiens en laisse pour ce qui est de la partie visible; Pour la douleur, hélas, je ne peut qu’apprendre à « faire avec ». Un connaissance de travail m’a recommandé une amie guérisseuse (non professionnelle, elle me recevra gratuitement) qui souffre elle-même de ce fléau articulaire qui est si handicapant; malgré ma perplexité (je prends beaucoup d’anti-douleur et des antihistaminiques depuis toujours) devant les médecines parallèle, je me dis que je n’ai rien à perdre; Mon amie m’a assuré qu’elle ne me ferait pas mal car elle savait ce que c’est de ne pas supporter d’être toucher tellement la douleur est forte (je ne peux faire d’ostéo ni de ciné). Bref, je ne suis toujours pas bouddhiste, quoi très respectueuse de toutes les sagesses anciennes et non soumises à des dogmes et prolétytismes, mais je sais que si le psoriasis redevient menaçant, douloureux et risque d’infection, je peux le contrôle simplement en passant du temps à méditer. Je suis une fille toute simple, pas besoin de voyages à la mer morte (cela ne m’aurait pas gênée) et je ne coute pas cher à la sécu car je suis allergique aux rayon UV que les dermato m’ont fait en cabine!

 

Trouvez vos propres harmonies, vos propres bidouillages avec la sagesse que vous préférez, les activités qui vous plaises, les gens qui vous font du bien, etc….

Donc, voilà, pour être heureux, à priori il faut renoncer au bonheur comme moi je renonce à voir disparaître ces douleurs mais je persévère dans ma recherche de moyen d’aller mieux. J’irai donc voir Eliane aux douces mains de fée, je dépasserai mon incrédulité et ma peur d’être touchée à des points sensibles; Je fais confiance à Laure car je sais qu’elle est bienveillante et espère sncèrement que cela me soulagera; Je le fais aussi pour mon époux, qui se sent impuissant quand il me voit souffrir et qui se désespère de me voir renoncer à me soigner (c’est plus complexe, j’ai peur d’être encore déçue). Donc, je me décentre, ce qui est aussi « bon pour mon bonheur », je le fais pour ceux que j’aime et cela ne m’empêchera pas de faire mon IRM la semaine prochaine, pour voir ce qui s’est dégradé dans ma colonne vertébrale, accentuant les douleurs depuis deux mois, sans répit. J’avoue que j’ai toujours été fière de ma résistance à la douleur mais aujourd’hui, elle a ses limites et la version stoicienne (philosophie ce mois) qui définit le bonheur par l’absence de malheur, comme le médecin définit la santé par l’absence de maladie; Je pense que ma douleur, je pourrais m’en passer aisément, je me dis que je serais plus heureuse sans et pourtant, j’ai bonne mémoire: il m’est arrivé de me sentir malheureuse alors qu’elle n’était pas encore là. Donc le bien être, le soin du corps, sont des outils pour aller vers le bonheur mais ne le résument pas… Il est ailleurs et au delà….De même, il m’arrive de me sentir heureuse pour de petites choses, avec mon amoureux, alors que j’ai mal (ce qui joue pourtant sur mon caractère)…Quel mystère, que le bonheur!

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